Main tendue d’Emmanuel Macron : le groupe centriste Liot ne ferme pas la porte

Article Par Célestine Gentilhomme du Figaro

Le message est bien passé, mais les principaux intéressés ont encore quelques réserves. Mercredi soir sur France 2, au cours d’une interview d’une heure consacrée à la politique intérieure, Emmanuel Macron a montré qu’il cherchait de nouveaux alliés. Après ses appels du pied répétés aux élus Les Républicains, le chef de l’État a cette fois-ci tendu la main aux vingt députés du groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (Liot), particulièrement connu pour sa diversité. Ces derniers «ont envoyé un message clair en ne votant pas les motions de censure déposées sur les budgets», a noté le président, voyant là une possibilité de «travailler» ensemble sur les réformes à venir. Au point, même, de bâtir «une alliance».

«Pourquoi pas», répond désormais le président du groupe, Bertrand Pancher, auprès du Figaro. «Àpartir du moment où le président Macron décide de partager réellement les décisions, d’être à l’écoute, on aura beaucoup de plaisir», ajoute-t-il. Avant d’évoquer «une condition : qu’il change de méthode».

Car les 55 heures de débats passées sur le budget – et finalement abrégées par l’activation de l’article 49.3 -, n’ont pas entièrement satisfait ces élus. Et pour cause : seuls cinq amendements rédigés par leurs soins, sur plus de 300 déposés, ont été conservés dans la version finale du texte. «On dépose des amendements qui pour nous ont du sens et au dernier moment, on nous dit : 49.3. Ils piochent sur ce qui paraîtrait acceptable», déplore le député de la Meuse, dont les troupes se sont attelées à la défense des collectivités locales. «Ça dépend de l’attitude du gouvernement»

«Ce n’est pas le tout de faire des déclarations d’amour, on a désormais besoin de preuves d’amour», abonde-t-il, peu crédule face au numéro de charme du président. Chouchouté par le gouvernement, le petit groupe – déjà existant lors de la mandature précédente mais dont l’importance est désormais accrue -, est reçu «très régulièrement» par la première ministre Élisabeth Borne. «Les ministres nous appellent en permanence», renchérit Bertrand Pancher. Le signe, selon lui, d’une «reconnaissance du travail effectué».

Mais les vingt députés forment bien «un groupe d’opposition et de propositions», insiste leur président. Ses élus font d’ailleurs régulièrement valoir leur indépendance, devenue la marque de fabrique de ce groupe aux horizons divers. «Tout est ouvert, ça dépend de l’attitude du gouvernement», mettait ainsi en garde le proactif Charles de Courson, le 26 octobre sur LCP. «Le vote des motions a fait l’objet d’un débat compliqué en interne», rappelle également Bertrand Pancher. Avant d’ajouter, à bon entendeur : « C’est aussi le signe de notre liberté concrète».

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