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  • Le député « original » auquel Macron tend la main

    Le mercredi 26 octobre sur France 2, Emmanuel Macron a tendu la main au président de la Liot. « Une bonne surprise et la reconnaissance d’un travail », se réjouit-il. En regardant France 2, mercredi 26 octobre au soir, Bertrand Pancher ne s’attendait pas à ce que le chef de L’État lui offre un tel coup de projecteur. C’est pourtant ce qu’il s’est produit, alors qu’Emmanuel Macron, invité de l’émission « L’évènement » commentait la vie parlementaire. « J’ai vu ces derniers jours au parlement qu’il y a des députés d’un groupe intermédiaire du centre, qu’on appelle Liot (…), qui n’ont pas voté cette motion de censure », a-t-il observé. « Moi, je pense qu’avec ces parlementaires-là, qui aujourd’hui ne sont pas dans la majorité, le gouvernement et la majorité à l’Assemblée ont intérêt à travailler (…). Et oui, je souhaite qu’il y ait une alliance. » Le « Liot » est passé de quantité négligeable à force d’appoint stratégique. « Liot », pour Libertés, indépendants, outre-mer et territoires, c’est le nom d’un groupe de vingt députés dont le grand public n’a presque jamais entendu parler. Créé en 2017 sous le nom « Libertés et territoires », il est souvent décrit comme un groupe « technique », c’est-à-dire sans idées communes et seulement destiné à garantir du temps de parole pour des députés isolés. Les autonomistes corses y cotaoient des Ultramarins ou des dissidents socialistes, après avoir vu passer lors du dernier mandat des déçus du macronisme. Hétéroclite ? « Original », préfère dire Bertrand Pancher. Depuis 2018, cet élu de la Meuse venu du centre droit se charge de faire tenir l’assemblage dont il défend la cohérence. « Nous voulons un développement humain, la justice sociale et environnementale et un profond renouveau démocratique » expose-t-il. Il faut aussi « un parlement plus fort et des corps intermédiaires respectés ». Un programme aux accents démocrates-chretiens qu’assume volontiers cet ancien du parti radical, qui se dit très marqué par les encycliques du pape François ». Jusqu’ici, il n’avait jamais été question d’une alliance entre les macronistes et Liot, qui se classe résolument dans l’opposition. Lors du dernier quinquennat, Bertrand Pancher a souvent critiqué le gouvernement, auquel il a même reproché, un jour d’avril 2021, de traiter le parlement comme « un paillasson ». L’heure de la revanche sone pour celui qu’un député Renaissance décrit comme « une figure originale et souvent éruptive de l’Assemblée ». Majorité relative oblige, le petit groupe est passé de quantité négligeable à force d’appoint stratégique, pour un exécutif prêt à faire feu de tout bois pour se renforcer à l’Assemblée. Déjà, en septembre, le ministre des relations avec le Parlement s’était fendu d’une visite lors des journées parlementaire de Liot. Six semaines plus tard, il suffit de n’avoir pas voté les motions de censure pour s’attirer les louanges du président. « Nous n’avons pas voté la censure parce que, six mois après les législatives, cela n’a pas de sens de fragiliser les institutions », explique Bertrand Pancher, loin d’être grisé par la main tendue du président. A 64 ans, ce vétéran du Palais-Bourbon – député depuis 2007 ; il a été maire et président de conseil général semble toujours aussi combatif.

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