Le billet de la semaine du 9 janvier 2017

La fin de la « pax americana » ?

Officiellement proclamé par le congrès US ce 6 Janvier, Donald Trump deviendra le 20 Janvier prochain le 45ème Président des USA et devrait comme il se l’est engagé recentrer son action politique autour des seuls intérêts Américains.

Si le Sénat et la chambre des représentants vont rester en embuscade et peuvent, de par la faible majorité des parlementaires Républicains ainsi que les capacités d’obstruction des démocrates, contrecarrer beaucoup de décisions, le chef de la Maison Blanche a démontré ces dernières semaines qu’il entendait bien imprimer sa marque y compris par des prises de positions rompant avec la tradition de l’engagement de la 1ère puissance économique et militaire mondiale.

Après avoir nié les évidences suite au constat de 17 agences de renseignement expliquant le piratage des données US par la Russie, se félicitant même que Poutine ne réagisse pas à l’expulsion de 35 diplomates, puis ce Vendredi réagissant plus que timidement à des preuves avérées dans ce même domaine, les décisions, déclarations et prises de positions du futur occupant du bureau oval ces dernières semaines ont fait l’objet de silence gêné de la communauté internationale : nomination de proches collaborateurs climato sceptiques, tenant de politiques protectionnistes ou ultra libéraux, discussion avec la Présidente de Taïwan au grand dam de la Chine, réaffirmation de la construction d’un mur géant avec le Mexique, condamnation de la résolution contre le peuplement des territoires occupés par Israël… le système politique international fondé sur le leadership des USA semble avoir vécu ; certains mêmes pariant sur l’éclatement de l’organisation mondial du commerce…

L’année 2017 sera déterminante pour l’UE qui après la désignation des chefs d’états en France et en Allemagne aura à relancer sa politique. Contrairement aux pronostics, l’UE après le choc du Brexit semble comprendre les enjeux notamment au plan économique et de la sécurité. La situation de plus en plus inextricable du RU – la récente démission fracassante d’Ivan Rogers, le représentant permanent de Londres à Bruxelles, étant l’une des nombreuses illustrations – devrait contribuer à coaliser davantage le continent.

Reste les moyens à mettre en œuvre, la fin de la « Pax Américana » place plus que jamais l’UE face à son destin.

Bertrand Pancher

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