Le billet de la semaine du 8 juin 2015

La régulation mondiale contre la chronique d'un drame annoncé.

La préparation de la 21ème conférence internationale sur le réchauffement climatique qui se tiendra à Paris en décembre prochain commence à faire braquer les projecteurs des médias. Alors que le résultat est nécessaire, c’est-à-dire une bonne base, mais pas suffisant, pour endiguer une catastrophe qui est inévitable si rien n’est fait, les observateurs posent tous les mêmes questions : les contributions (engagements en terme de baisse de gaz à effet de serre) des pays seront-ils en dessous du seuil fatidique, l’accord sera-t-il juridiquement contraignant ? Les contreparties financières pour aider les pays pauvres à se développer avec de l’énergie propre seront-elles suffisamment ambitieuses ?

A ces 3 questions, nous ne pouvons pour le moment que répondre négativement. Espérons que le sursaut de la communauté internationale sera salutaire ces prochains mois et mobilisons nos opinions publiques pour y parvenir.

On a vu cependant dans le passé ce que valaient les accords internationaux : souvent remis en causes, rarement contrôlés…Quel que soit ce résultat, il est absolument nécessaire de travailler sur de nouveaux et ambitieux outils de régulation au sein des pays ou groupements de pays les plus avancés, mais également au niveau des échanges internationaux. Le combat de ce début de siècle est celui de la régulation des marchés. Concrètement, alors que toutes les transactions, dans une économie de marché s’effectuent par le prix, il faut introduire le coût indirect de prix du carbone dans nos échanges. C’est la seule qui sera la plus efficace. Quel est toutefois le modèle à privilégier au plan mondial ? Une augmentation des marchés des échanges de carbone et/ou la taxation du carbone ? Des systèmes de « bonus-malus » entre Etats peu émetteurs ? Une rémunération du fond vert par le biais d’une taxation de ce carbone ou de ces Etats ?

Il est dommage que les pays les plus avancés dans le combat contre le réchauffement climatique ne brandissent pas l’étendard de la régulation mondiale.

Bertrand Pancher

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