Le billet de la semaine du 8 août 2016

JO de Rio : Des jeux bien mal engagés... mais propices à une prise de conscience indispensable.

L’ouverture de JO est toujours un immense événement planétaire : moment de partage, de cohésion et d’humanité, des valeurs auxquelles aspire plus que jamais notre monde. Certes leur coût pharaonique est régulièrement sujet à débat : les uns considérant que ce sont des investissements à perte, les autres, qu’au contraire, ce sont des investissements rentables sur le long terme et ce à plusieurs niveaux : notoriété, développement économique, infrastructures. Quant aux enjeux politiques et diplomatiques, ils sont, bien sûr, loin d’être négligeables. En réalité ce qui est vrai pour certains pays ne l’est pas pour d’autres… Certains ont réellement tiré un vrai bénéfice de ces jeux, d’autres ont connu des lendemains beaucoup plus difficiles… Malgré tout, et au-delà des polémiques incontournables, l’espace de quelques tournois, de quelques épreuves, les JO permettent, à travers le monde, à beaucoup, d’oublier leurs soucis du moment et plus largement les crises que nous traversons tant financières, sociales, qu’humaines. Les JO de Rio, qui viennent de s’ouvrir, n’échapperont sans aucun doute pas à la règle : ses exploits sportifs feront vibrer une bonne partie de notre planète. Cependant, force est de reconnaitre que ces jeux sont malgré tout bien mal engagés car entachés par de nombreux points noirs : village olympique insalubre, transports à la traîne, dopage, emplois illégaux… et pour couronner le tout l’Etat de Rio a dû décréter l' »Etat de calamité publique » pour avoir les moyens d’en finaliser les préparatifs… Des préparatifs qui ont également permis de mettre en exergue une catastrophe écologique sans nom : la baie de Rio, derrière son image paradisiaque, ainsi que la lagune environnante, se révèlent être une véritable poubelle à ciel ouvert. Les biologistes n’ont ainsi eu de cesse de tirer le signal d’alarme sur la dangerosité de ces eaux souillées – contenant notamment une « super bactérie » -pour les athlètes. Hélas, le pays n’a pas été à la hauteur de ses engagements puisqu’il s’était fixé comme objectif de traiter 80% de la baie de Guanabara… On peut dire que l’on est très loin du compte… Bien sûr, rien ne pourra et ne doit ruiner l’esprit de ces JO, mais il est à espérer que tout cela ne serve pas à rien et permette, au contraire, les prises de conscience indispensables pour des lendemains meilleurs.

Bertrand PANCHER

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