Le billet de la semaine du 3 octobre 2016

Un dernier budget qui reste en berne

Le gouvernement a présenté la semaine dernière son projet de budget pour l’année 2017, le dernier de son quinquennat. En période pré-électorale, la majorité aura tout fait pour tenter, en vain, de répondre aux principales critiques régulièrement assénées tant par ses différentes catégories d’électeurs que de la majorité de nos concitoyens, sans cependant réussir à lever les doutes. Signe qui ne trompe pas, le Ministre de l’Economie et des Finances, Michel Sapin a été, à de nombreuses reprises, mis en difficulté par la presse mais aussi les parlementaires spécialisés sur le plan budgétaire.

Contrairement aux allégations, la gauche au pouvoir n’achèvera pas son mandat par une réduction des déficits publics. Alors que ce projet de budget est présenté avec un déficit budgétaire en-dessous du seuil symbolique des 3 % par rapport à notre production nationale, le Haut Conseil des Finances Publiques a jugé improbable ce chiffre d’autant que les prévisions de croissance (1,5 %), et donc de rentrées fiscales, sont jugées beaucoup trop optimistes. Compte tenu de l’annonce de dépenses nouvelles et électoralistes, il est probable que nous en restions autour de 3,5 % voire 4 %, ce qui signifierait l’absence de réduction de nos déficits ces 5 dernières années, et encore, sans compter l’impact d’éléments exceptionnels : la baisse des remboursements d’intérêts de la dette (5 Milliards/an) liée à la politique monétaire accommodante de l’UE et des mannes tombées du ciel (remboursement de 4 milliards de la Coface en 2017…).

C’est sur le front fiscal des ménages que le choc aura été le plus rude, nos concitoyens auront été mis à lourde épreuve avec un matraquage sans précédents. Alors que le gouvernement annonce pour 2017 une baisse de 1 milliards d’euros de l’impôt sur le revenu, cet impôt aura progressé de 14 milliards pendant le quinquennat. Sur le plan économique enfin, le bilan de la gauche aura été nul au strict plan comptable : entre les prélèvements et les restitutions, les entreprises n’auront globalement rien gagné ni perdu en 5 ans de temps.

Assurément ce dernier budget de la gauche au pouvoir reste en berne.

Bertrand Pancher

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