Le billet de la semaine du 3 avril 2017

Rex Tillerson, l’Europe au pied du mur.

Centrée sur la politique nationale avec l’approche du 1er tour des élections Présidentielles, la presse s’est insuffisamment fait l’écho de la venue de Rex Tillerson, le nouveau secrétaire d’Etat des Etats-Unis, l’équivalent d’un grand ministre des affaires étrangères au siège de l’OTAN, notre organisation de défense transatlantique à Bruxelles.

Devant un partenaire de ministres Européens, ce proche de Donald Trump, plus expérimenté dans l’économie que la politique, a expliqué que les USA ne pouvaient plus maintenir la dissuasion sans efforts des pays membres à hauteur d’un minimum de 2 % de leurs PIB, et ceci d’ici 2024.

Compte-tenu de la faiblesse relative des investissements militaires et de la part des budgets consacrés à la dissuasion, la France étant le seul pays en Europe à approcher ce seuil (1,78 %), cette exigence est apparue intenable à tous. L’Allemagne a eu beau expliquer qu’elle ne consacrait certes que 1,19 % de son budget à cet effort, en hausse cependant années après années, et qu’il fallait tenir compte qu’elle était le seul pays à atteindre ses objectifs internationaux de 0,7 % de ce même PIB à l’aide au développement des pays pauvres, le rigide et très mal à l’aise, Secrétaire d’Etat, n’a pas rassuré ses alliés Européens, loin s’en faut…

Certes la politique ouvertement pro-Russe de Trump, semble se corriger de jours en jours, en atteste les vives réactions de Moscou, mais il n’en demeure pas moins vrai que l’on est tous en droit de s’interroger sur ce que serait l’aide des USA en cas de conflit grave avec l’un de nos turbulents voisins.

L’Europe est placée au pied du mur. Elle n’a pas d’autres choix que de s’engager dans une mutualisation des ses efforts, notamment en terme de défense commune. ll faut faire vite.

Bertrand Pancher

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