Le billet de la semaine du 29 août 2016

Pour une restructuration de l’agriculture française

Avec une chute record de la production céréalière, entre 20 et 50 % pour le blé et l’orge, laquelle s’ajoute à des prix très bas sur tout type de production depuis de nombreuses années, toute cette profession se trouve plongée dans l’une de ses crises les plus profondes jamais connues dans son histoire récente.

Les aléas climatiques qui se cumulent dorénavant à la volatilité d’un marché mondial totalement ouvert doivent nous rappeler le risque de considérer l’agriculture comme un secteur économique comme les autres et d’abandonner un savoir faire national, alors que notre pays s’est toujours illustré par un excédent record dans le domaine du commerce extérieur et avait fait de cette production un savoir faire reconnu.

Si l’Union Européenne doit remettre en place des politiques d’intervention plus efficaces, y compris par du stockage, voire de la régulation de certaines productions, mais aussi rémunérer davantage les actions environnementales vertueuses, un vaste plan de restructuration de l’agriculture française doit être au plus vite imaginé avant qu’il ne soit trop tard : comment en effet ne pas être frappé par la logique industrielle qui a conduit à dimensionner les fermes de nos voisins aux exigences de la transformation des coopératives ?

Inciter au regroupement de toutes les exploitations qui ont une vocation de répondre aux besoins de l’agroalimentaire, poursuivre la baisse des charges timidement entreprise, permettre à ceux qui veulent ou qui doivent cesser leurs activités de le faire en étant accompagnés techniquement et financièrement jusqu’au moment où ils retrouveront autre chose et bien entendu secourir ceux qui vont se retrouver noyés sous les dettes… Ce n’est qu’à ce prix que nous pourrons reconstruire une véritable politique agricole nationale.

Les agriculteurs qui n’ont jamais ménagé leurs efforts sont prêts à s’y engager à condition que notre pays s’en donne les moyens.

Bertrand Pancher

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