Le billet de la semaine du 26 janvier 2015

Vitesse et précipitation

La gauche au pouvoir a savamment orchestré, ces derniers jours, sa communication démontrant qu’elle savait réagir après les attentats terribles contre notre pays.

Après l’assurance d’une pause dans la baisse des effectifs de l’armée, le début de la semaine dernière était marqué par l’annonce d’un plan pour répondre au terrorisme : 2600 postes créés dans la sécurité et la justice (bien entendu sur plusieurs années…) ainsi qu’une enveloppe de 425 millions d’euros afin de renforcer l’armement, la protection de nos agents, les sites anti-djihadistes, l’isolement des détenus dangereux…

Mercredi, le Premier Ministre rappelait que la loi renforçant la capacité d’agir dans le domaine des renseignements allait être soumise au Parlement. Le lendemain, le même Manuel Valls frappait l’opinion publique en voulant lutter contre l’apartheid qui sévirait dans le pays. Après le choc des photos, le choc des mots…

La fin de la semaine fut consacrée à la relance de la laïcité, servie à toutes les sauces, dans les écoles. Formation des enseignants, recrutements sur l’attachement à la République, enseignement laïc  des religions, comme si l’enseignement de l’histoire des religions ne se suffisait pas à lui-même…

Les avalanches de déclarations, si elles ne manquent pas de légitimité, nous laissent pantois. Sont-elles financées ? prioritaires ? et pourquoi celles-ci et pas d’autres ?

A vouloir confondre vitesse et précipitation le gouvernement s’expose à ne pas traiter les vrais sujets et escamoter les autres ? Quid de la réforme pénale ? Qu’entend-on par laïcité ? Comment aider la pratique de l’Islam modéré ? Comment lutter contre les inégalités et le chômage qui gangrènent les Français issus de l’immigration ?

Alors que les experts internationaux réunis à Londres constataient que la lutte contre Daech marquait le pas et que le Yémen allait peut être aussi basculer, le gouvernement  ne souhaite ni se donner du temps, ni impliquer nos concitoyens sur les priorités. Il lui faudra immanquablement s’expliquer ou faire de la surenchère lors des inévitables prochaines atteintes à nos ressortissants ou  à nos intérêts. Dommage.

Bertrand Pancher

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