Le billet de la semaine du 25 juillet 2016

Halte à la surenchère

Le terrible massacre de Nice, qui a plongé dans l’horreur notre pays, ne doit pas nous faire perdre raison.

235 victimes d’attentats de tout âge, origine, conviction religieuse depuis l’affaire Merah, Charlie, Montrouge, Le Bataclan, St Denis, Magnanville et maintenant Nice. La France a payé un lourd tribu à son histoire, son indépendance, à sa laïcité mais aussi à son combat pour défendre la liberté et ses intérêts dans le monde. Nous pleurerons longtemps ces vies brisées.

Après les USA, la France est la démocratie la plus touchée par ces actes ignobles : infusion culturelle rugueuse sur fond de décolonisation bâclée, assimilation imparfaite, désagrégation morale et familiale… aucune catastrophe, comme celles que nous venons de connaître à travers cette série d’attentats, ne se serait jamais produite si une idéologie pseudo-religieuse barbare ne s’était enracinée dans des pays corrompus et pauvres et n’avait entraîné les plus fous de nos compatriotes vers cet extrémisme. L’urgence est d’abord d’éliminer cet ennemi.

Les Français attendent de nos responsables politiques du courage, de la retenue et de la lucidité et je veux mettre en garde contre toute surenchère dangereuse : Il y a évidemment des améliorations dans nos systèmes de sécurité et des enseignements à tirer de ces attentats mais faire croire qu’il y a d’ores et déjà des responsables avant même que les enquêtes ne soient ouvertes n’est pas à la hauteur de la situation. En période difficile nous avons, avant tout, besoin de rappeler le cap et les enjeux : la nouvelle organisation de sécurité intérieure et l’élimination de Daech par la coalition internationale prendront du temps, il y aura encore des larmes et du sang, rien ne pourra étre réglé sans cohésion.

Les responsables politiques devraient aussi appeler l’ensemble de nos concitoyens à se serrer les coudes autour de ce qui a toujours fait la force de notre pays : une République intransigeante sur ses valeurs, prête jusqu’au bout à les défendre et tenace dans l’adversité. Une République qui intègre chacun de ses membres par l’autonomie et la responsabilité dans une société solidaire. Une République intolérante face à l’intolérance.

Pour sortir plus forts de ces drames, nous avons besoin de l’engagement de tous mais certainement pas de telles surenchères.

Bertrand Pancher

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