Le billet de la semaine du 25 avril 2016

Conférence environnementale : Encore un non-événement pour les acteurs du développement durable

La 4ème et dernière Conférence Environnementale a ouvert ses portes ce matin mais, entre le boycott des parlementaires et de certaines organisations telles que la CGT, et la grogne des organisations environnementales, plus personne n’est dupe : il s’agit d’une énième coquille vide !

Présentées comme une manière innovante d’aborder les problématiques liées au développement durable, les conférences environnementales, n’ont été, en réalité, que des désillusions. Si de bonnes intentions y sont toujours développées, non seulement la méthodologie utilisée manque cruellement d’efficacité, mais en outre les annonces sont rarement suivies des faits. Le résultat des trois dernières années en est d’ailleurs la preuve : à chaque fois la montagne a accouché d’une souris.

La loi de Transition Energétique annoncée triomphalement en 2012 a finalement mis trois ans pour déboucher sur un texte dont la mise en application apparait aujourd’hui problématique dans la plupart des domaines (éolien, nucléaire…).

La pseudo « grande loi sur la nature » imaginée l’année suivante s’est concrétisée par une Agence de la Biodiversité se résumant à une petite agence de l’eau. La seule prouesse de cette loi ayant été de réussir opposer frontalement tous les grands acteurs concernés par le développement durable (agriculteurs, chasseurs, pécheurs…) que le Grenelle de l’environnement avait pourtant réussi à réunir.

Après le drame de Sivens,la conférence environnementale de 2014 nous faisait miroiter une refonte complète des processus de décision. Or nous n’avons droit qu’à un remaniement à la marge par ordonnance. Un comble en matière de dialogue environnemental !

Pourtant le Gouvernement s’entête à vouloir conserver les choses en l’état. Pire encore, pour la deuxième année consécutive les échanges sont réduits à nouveau à deux courtes demi-journées. A coup sûr, le fiasco de l’année dernière va se reproduire : une succession de courtes interventions dans un cadre trop restreint, et des participants qui se demandent pourquoi ils ont fait le déplacement…

Ces rencontres, comme je le dénonce à chaque fois, pâtissent d’un manque de préparation flagrant et négligent ainsi totalement la parole des intervenants. Il aurait fallu revenir à un travail collectif des représentants des cinq grands collèges du « Grenelle de l’environnement » (organisations environnementales, syndicales, patronales, élus et représentants des ministères), afin que ces derniers puissent tirer un bilan partagé des actions annoncées, définir des objectifs communs et des initiatives à développer entre les grands acteurs de la société civile, et ainsi redéfinir collectivement un cadre de travail cohérent en matière d’environnement.

Hélas, là encore, le Gouvernement s’est entêté à persister dans l’erreur, décourageant le plus grand nombre…

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