Le billet de la semaine du 23 mai 2016

L'urgence d'une révolution démocratique

Jamais un gouvernement n’aura été aussi impopulaire, jamais les Françaises et les Français n’auront manifesté autant d’opposition face à tout projet de décisions, tout type d’initiatives, toutes organisations constituées. Le règne de la défiance généralisée s’est établi en France : 76 % de nos concitoyens pensant même que le personnel est plutôt corrompu ; une opinion insensée quand on connait le temps fou passé au travail et àtenter de résoudre tous les problèmes qui se posent, du maire au député, sans compter des choix de vie personnels qui confinent à l’abnégation…

Certes l’absence manifeste de professionnalisme du pouvoir en place et la succession d’erreurs conduisent à ces sentiments exacerbés, mais comment expliquer que toutes les élections Présidentielles de ces 30 dernières années ont toujours abouti à des défiances de plus en plus importantes mais voisines. De belles élections présidentielles, puis dans les mois qui suivent une inexorable descente aux enfers.

Notre société a voué au culte, sans limites, la consommation et l’individualisme. Elle a rejeté l’engagement collectif et oublie les valeurs, socle de toute humanité. De mieux en mieux formés, de plus en plus informés, nos concitoyens se rendent cependant compte que notre monde ne peut plus se développer comme avant mais nos responsables politiques continuent eux à le penser et à diriger le pays comme toujours. Tout vouloir tout faire à un niveau hyper centralisée, de plus en plus vite et de plus en plus mal …

Quand comprendra-t-on que le cadre du processus de décision est le préalable à la bonne décision. La concentration des pouvoirs au plus haut niveau de l’état est une plaie et doit être révisée maintenant : Rééquilibre entre le pouvoir législatif et exécutif par la proportionnelle intégrale et limitation des mandats dans le temps pour renouveler la classe politique. Décentralisation massive de champs entiers de compétences aux régions et collectives dotées enfin de pouvoirs règlementaires. Participations à tous les niveaux de la société civile avant de s’engager, et bien entendu rendre enfin l’Europe efficace par un vrai fédéralisme.

L’urgence c’est la révolution démocratique.

Bertrand Pancher

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