Le billet de la semaine du 20 mars 2017

Empêcher les fous d’agir.

La campagne présidentielle la plus inquiétante et réductrice de la 5ème république va peut-être sortir de ses ornières au cours des 2 débats télévisés opposants les principaux candidats entre eux.

En attendant un sens et une vision incarnée autour d’un projet de développement humain partagé pour tous et toutes, les surenchères simplistes et dangereuses se multiplient. La palme d’or se partage entre les tenants des extrêmes avec un avantage au FN qui, en plus de vouloir taxer les importations, fermer nos frontières aux échanges et sortir de l’Union Européenne, veut faire la chasse méticuleuse aux étrangers.

A cause d’une classe politique médiocre qui a toujours eu peur de nous entraîner dans une autre direction, mais aussi d’une bonne partie de nos concitoyens qui ont toujours refusé dans le passé de consentir à un minimum d’efforts pour s’adapter, alors que tous les pays qui nous entourent se portent beaucoup mieux, nous sommes devenus les champions de la démondialisation, bouc émissaire de tous nos maux.

Outre le fait que 6 millions de Français travaillent pour vendre à l’étranger, que les biens que nous exportons sont fabriqués avec des produits importés et que des droits de douanes seraient catastrophiques pour ceux qui travaillent dans ces domaines, qui pense à l’explosion demain des prix des vêtements, chaussures, téléphone, téléviseurs et autres biens de consommation importés que les moins riches de nos concitoyens vont payer cash ? Qui réfléchit vraiment sur la possibilité mais aussi sur les conséquences pour nous et les pays qui nous entourent de création de taxes à des frontières qu’il faudrait recréer ?

Qui peut intelligemment parier sur le succès de la généralisation de guerres commerciales alors que toute notre histoire nous a démontré que ce type de pratiques ne menait qu’à des conflits encore plus graves ? Avons-nous vraiment besoin d’en finir avec une paix qui a évité à l´Europe, pour la 1ère fois, que 2 générations ne voient pas des affrontements entre nous tous ?

Pour retrouver notre place dans des échanges mondiaux qui rendent chacun gagnant nous avons besoin de politiques économiques faites de souplesses, de baisses de charges et de reconnaissance du travail. Il n’y a pas de raisons que nous restions les derniers de la classe dans ce domaine. Les besoins sont immenses dans le monde et nous en avons les ressources pour répondre à ces demandes.

Il nous faut aussi soutenir davantage les perdants de la mondialisation, car il y aura toujours des mutations et les salariés concernés n’ont pas à devoir trinquer : notre système de formation permanente est inefficace, notre système d’aide social est déresponsabilisant, nous ne traquons pas les abus en tout genre et laissons le travail illégal se propager sans cesse… si nous voulons maintenir nos dépenses de santé et notre service public, il faut produire et vendre.

Après la tragédie de la seconde guerre mondiale, De Gaulle et Adenauer comprirent que pour construire une paix durable il fallait la fin des frontières et le développement des échanges économiques. Nous avons connu 70 ans de prospérité. Il y a des fous qui par paresse intellectuelle veulent tout remettre en cause. Il faut les empêcher d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

Bertrand Pancher

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