Le billet de la semaine du 19 septembre 2016

Calais, et si l’on traitait les migrants avec respect et humanité ?

Le ministre de l’intérieur a décidé de précipiter l’évacuation de l’immense bidonville de Calais regroupant près de 9000 migrants. Avant l’arrivée de l’hiver, il semble de bon sens, pour des raisons humanitaires, de ne pas contraindre toutes ces personnes dont des femmes et des enfants de continuer à être livrés à eux-mêmes dans des conditions indignes, mais aussi de répondre à la demande légitime des habitants de cette région, excédés par les troubles liés à une occupation qui n’a pas été préparée.

Compte-tenu de l’insuffisance de places d’accueil en France et du climat exécrable entretenu par des surenchères préélectorales, Bernard Cazeneuve a fait le choix de précipiter l’affectation de ces 9 000 migrants par région, ainsi la région « Grand Est » se verra affecter progressivement 900 personnes et un département comme par exemple celui de la Meuse 80. Avec une répartition sur les différents territoires de ce département rural, l’effort semble d’autant acceptable que personne ne sait vraiment combien de temps ces personnes vont rester ni quel pourcentage sera effectivement admis à rester ensuite dans notre pays.

Si des questions se posent naturellement et notamment, pourquoi ne pas avoir mieux équipé la « jungle » de Calais afin de traiter tous les dossiers de demandes de régularisations sur place, au risque de continuer à fixer à cet endroit tous les migrants voulant se rendre à Londres et rendre explosive la situation au plan local ? Cette répartition autoritaire des migrants a suscité des réactions hostiles de certains leaders politiques prompts à souffler sur les braises.

Si l’on comprend les difficultés du ministre de l’intérieur à gérer cette situation, il est choquant, voire dramatique, de ne pas avoir pu ouvrir un débat et trouver un accord entre l’Etat, les élus locaux et leurs populations, sur un type de répartition mais aussi sur un suivi de ces migrants ; peut-être qu’enfin on aurait pu mettre chacun devant ses responsabilités et traiter d’abord et avant tout ces personnes en êtres humains. L’impossibilité d’ouvrir la moindre discussion dépassionnée sur ce sujet en dit long sur l’état d’une partie de la société Française, à laquelle on aura donné comme seul horizon ces 30 dernières années, la poursuite d’une consommation sans limites et un individualisme mortifère.

Louis XV conseillait constamment au Dauphin d’éviter la guerre et de ne jamais oublier que le sang d’un ennemi était d’abord du sang humain… Les migrants arrivés en France, qui ne sont pas nos ennemis, et qui malheureusement pour un certain nombre d’entre eux devront repartir chez eux, doivent être traités avec respect et humanité.

Bertrand Pancher

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