Le billet de la semaine du 15 juin 2015

Ces migrants qui nous font perdre la raison

Après avoir évacué « manu militari » les immigrés de la rue Pujol  à Paris le 8 juin dernier, le gouvernement n’a pas hésité, quelques jours avant la réunion des ministres de l’Intérieur consacrée en partie à cette question et à celle du renforcement de la solidarité entre les Etats membres de l’Union Européenne, à refouler vers l’Italie ou en les empêchant de passer, plus d’un millier de réfugiés.

Alors que le sommet des chefs d’Etats le 25 juin prochain portera sur la répartition des migrants éligibles au statut de réfugiés, le signal est consternant. L’Italie qui n’en peut plus reste seule à gérer un phénomène humanitaire de grande ampleur avec 57 000 entrées depuis le début de l’année. Il faut dire aussi que ce pays a tendance à laisser partir assez facilement ces étrangers sans procéder à leurs identifications…

Que faire des 40 000 demandeurs d’asile Syriens et Erythréens ayant fuit les atrocités de la guerre et des 20 000 réfugiés dans des camps près de la Syrie et pris en charge par l’ONU. La commission Européenne propose un juste partage entre les 28. La France conteste cette clef de répartition et demande la création de camps de transits afin de « trier » les bons des mauvais immigrés.

Certes, nous ne pouvons pas accueillir tous les candidats à l’immigration mais qui rappelle avec force que l’accueil des réfugiés politiques menacés d’extermination s’ils restaient chez eux est la clef de voûte de toute démocratie fondée sur la préservation des droits humains essentiels ?

A force de se voiler la face, de surenchérir sur toutes les mesures et notamment les plus inadmissibles  en matière d’immigration, et de ne privilégier qu’un modèle de matérialisme et d’individualisme forcené, nous en venons à privilégier des réflexes inhumains et n’ouvrons pas le débat indispensable sur réponses les plus appropriées.

Formulons le vœu que beaucoup de voix s’élèvent  pour nous faire tous revenir à la raison.

Bertrand Pancher

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