Le Billet de la semaine du 13 novembre 2017

Paradise Papers, un travail exceptionnel contre des pratiques insoutenables.

Les gigantesques révélations du consortium des 200 journalistes d’investigation à l’initiative du Süddeutsche Zeitung ayant mis la main sur les documents du leader de la finance Offshore « Appleby » ébranlent une nouvelle fois l’opinion publique. À travers les « Paradise Papers » s’égrènent les noms de milliers de bénéficiaires de fiscalités avantageuses , de procédures complexes et obscures pour éviter aux grands de ce monde de régler leurs impôts dans leurs pays d’origine.

Les chiffres donnent le vertige : 350 Milliards annuellement soustraits à l’impôt, 120 au niveau de l’Union Européenne et 20 pour la France. Proches de dirigeants au pouvoir, de Trump comme son secrétaire d’Etat Rex Tillerson, à Poutine en passant par les monarchies du Golfe, traversant une grande partie des géants des multinationales, n’échappant pas à notre pays avec le groupe Dassault ou Bernard Arnault, la longue liste de ces bénéficiaires ainsi que le détail des montages juridiques et financiers témoignent de pratiques extrêmement choquantes mais aussi de l’ampleur des actions à mettre en œuvre.

40% des profits des multinationales seraient ainsi soustraits à l’impôt et ceci malgré une règlementation internationale qui se met en place, plus de 40 % des documents examinés par l’autorité de contrôle des Bermudes, siège d’Appleby, ne seraient pas satisfaisants…Jets privés, bateaux de luxe, somptueuses villas, transferts de fonds douteux et opaques, nos quotidiens vont continuer à déverser la liste des bénéficiaires et de leurs techniques pour échapper au fisc et aux contrôles.

Certes grâce à une prise de conscience du G20 et à l’engagement de mettre fin au secret bancaire ainsi que celui de généraliser la communication de données aux services fiscaux des pays qui en font la demande, des progrès significatifs commencent à être enregistrés dans ce domaine. Il n’en demeure pas moins vrai que la tâche reste immense et que la lutte contre l’optimisation fiscale n’en est qu’à ses balbutiements.

Nous ne pouvons que saluer ce travail exceptionnel des journalistes de ces 95 médias partenaires et dénoncer ceux qui usent et abusent de ces pratiques insoutenables. Se cacher derrière la légalité de ces méthodes est intenable. Nous devons aussi inlassablement exiger que la communauté internationale, à commencer par des pays avancés comme l’Europe, progresse dans ses actions de régulation et sanctionne beaucoup plus lourdement ceux qui ont commis de lourdes fautes.

Bertrand Pancher

Commentaires

    Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires.