Le billet de la semaine du 13 avril 2015

Épilogue d'une triste farce

Pris pour des imbéciles

Le gouvernement vient enfin de sortir de la tragi-comédie du plan de relance autoroutier en nous assénant une communication aussi stupide que mensongère.

Alors que Ségolène Royal m’avait répondu, lors de la dernière séance de questions au gouvernement, qu’il n’y aurait pas d’augmentation des péages des automobilistes, suite à sa décision de bloquer les tarifs, mais aussi de taxer les sociétés autoroutières, la vérité éclate au grand jour. Les péages seront bien augmentés…ces prochaines années et à due proportion du gel actuel mais aussi de la surfiscalisation des concessions décidée courant 2014. Quant au plan de relance, après avoir tapé « à bras raccourcis » sur ces mêmes sociétés d’autoroutes, accusées de s’enrichir scandaleusement, il sera fondé sur… l’augmentation des durées des concessions en cours !

Comment en sommes-nous arrivés là ? Par le mensonge et l’amateurisme d’un gouvernement sans véritable pilote, et par une Ségolène Royal avide de coups médiatiques et à qui personne, et surtout pas son ancien compagnon devenu Président, n’ose dire quoi que ce soit…

Empêtré dans sa stupidité consistant à supprimer l’écotaxe poids lourds, privant ainsi l’agence de financement des infrastructures d’une rentrée nette de plus de 400 millions d’euros par an, et l’Etat de 400 autres millions, le gouvernement a jugé bon d’envoyer la facture réclamée par Ecomouv, d’un milliard, à cette même agence exsangue, et de laisser cette même Ségolène clamer qu’il suffisait de taxer les sociétés d’autoroutes pour faire rentrer de l’argent et de bloquer les péages. Tout le monde savait pourtant que les contrats liant l’Etat aux sociétés d’autoroutes étaient clairs : lorsqu’en 2005 la privatisation a permis à l’Etat d’encaisser un chèque de plus de 10 milliards d’euros par des sociétés qui sont allées chercher des capitaux extérieurs, une garantie de rentabilité a été exigée sur la base d’une indexation des péages mais aussi dans le cadre d’une fiscalité stable.

Secteur des travaux publics sinistré, opinion publique médusée, parlementaires pris pour des imbéciles. On ne pouvait vraiment pas faire pire.

Bertrand Pancher

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