Le billet de la semaine du 12 décembre 2016

Vive la nouvelle mobilité

Le pic de pollution le plus important connu depuis une dizaine d’année vient de nous rappeler l’ampleur de la catastrophe sanitaire dans notre pays : 48 000 morts par an, 10 fois plus que le nombre de personnes décédées sur la route, soit un chiffre proche des cancers du tabac.

Les mesures existantes ou qui viennent d’être décidées par une ministre de l’écologie plus forte en communication qu’en actions, ne sont pas à la hauteur des enjeux. Il est nécessaire de réorienter notre modèle de société autour d’un système enfin vertueux, économe en énergie et en osmose avec l’environnement et la nature. Pour cela, il convient de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre en taxant de façon de plus en plus lourde les énergies fossiles et en incitant, grâce à ces moyens nouveaux, de nouveaux modes de déplacements et de production.

Parmi les nombreux échecs de la gauche au pouvoir, l’absence totale de perspectives nouvelles en matière de transport en est l’une des plus grandes illustrations. Le plus grand bassin économique d’Europe et l’une des plus grandes mégalopoles modernes du monde, Paris, témoignent de l’inaction de l’Etat dans ce domaine. Alors que des métropoles comme Londres ou Madrid se sont vues imposées un regroupement de toutes les compétences en matière de transports à l’échelle de ces vastes territoires (routes, bus, metro, train, taxis, feux de circulation, gares..) permettant ainsi une inter mobilité totale, l’exemple de notre capitale nationale est caricatural :on ferme une nouvelle voie sur berge avec comme conséquence d’augmenter les embouteillages aux entrées de Paris, sans améliorer le système de transport en commun qui se détériore… Les aberrations sont si nombreuses que tout est devenu risible…

Alors que des capitales Européennes de la taille de nos grandes métropoles régionales ont révolutionné leurs modes de transports publics (75% des habitants de Copenhague se déplacent à vélo ou à pied), nous avons renoncé à poursuivre les appels à projets de mobilités urbaines financés par l’Etat, et n’avons fait preuve d’aucunes initiatives nouvelles pour développer des modes de transports plus écologiques, alors que ces derniers créent énormément d’emplois. La France qui construit et s’équipe de plus en plus de véhicules électriques grâce au bonus/malus mis en place lors du Grenelle de l’environnement, ainsi qu’un vaste plan de commandes d’entreprises publiques, aurait dû financer un grand réseau de bornes de recharges sur notre territoire et inciter davantage les nouveaux modes de déplacement… Ayant supprimé l’écotaxe poids lourds, le gouvernement n’a compensé cette énorme perte financière par aucun autre dispositif, alors qu’il aurait fallu taxer les émissions de CO2 et répartir cette manne financière au profit d’actions vertueuse.

Il est temps d’enclencher un nouveau modèle de développement, et la mobilité de demain en est l’une des illustrations : une meilleure santé, la lutte contre le réchauffement climatique, de nouveaux emplois…

Bertrand Pancher

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