Le billet de la semaine du 11 avril 2016

Le scandale de l’argent sale

La révélation du listing de 214 000 entités concernées en relation avec la société Mossack Foncéra spécialisée dans les placements dans les paradis fiscaux internationaux a fait cette semaine l’effet d’une bombe planétaire. Quand on sait que la société en cause n’est que l’une des 7 entreprises du Panama spécialisée dans ce type de placements et ce pays est l’un des 30 paradis fiscaux encore recensés, on mesure l’ampleur du phénomène. Alors que la misère touche une partie de l’humanité, alors que l’on paie partout des impôts pour faire fonctionner les Etats, cet argent sale qui ruisselle est une honte.

On pourra se satisfaire en se réjouissant de la divulgation de ces informations, après d’autres, notamment l’enquête LukLecks ayant révélé en 2014 que les multinationales ne payaient pas d’impôts en Europe. On pourra également se réjouir en constatant que les plus gros scandales touchent d’abord les despotes et profiteurs des régimes autoritaires et opaques de la planète, les Poutine, Boutéflika et Assad. On pourra aussi constater que les échanges d’information entre administrations progressent depuis plusieurs années et qu’on a réglé déjà un certain nombre de cas de pays litigieux, il n’en demeure pas moins vrai que cette affaire pointe un scandale international qui doit faire réagir.

Si des initiatives ont commencé à porter leurs fruits, les efforts visant à rendre obligatoire les échanges d’informations des pays concernés doivent redoubler. On peut redouter que tout cela prenne du temps, mais personne ne comprends que les pays Européens qui ont fait des progrès ne progressent pas plus vite. Thomas Piketty propose un nouveau traité avec les 4 plus grands pays sans le RU sur la base d’un impôt commun, il y a aussi l’élargissement du projet de directive sur la transparence des entreprises. En France, la loi « Transparence de la vie économique » qui va être bientôt en discussion sera l’occasion de porter aussi des exigences pour nos propres grands groupes. Ne pourrions-nous pas sanctionner pénalement les sociétés de conseils en détournement fiscal ?

Il faut en finir avec l’argent sale, c’est à notre portée.

Bertrand Pancher

Commentaires

    Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires.